Baleines - Art et Science

21-p1000567Les premières photos sous-marines de baleines (cétacés à fanons ou mysticètes) datent des années soixante-dix.Auparavant, on ne les connaissait que par les dessins des naturalistes représentant des animaux échoués, ou d'après les photos de scientifiques missionnés dans les stations baleinières.

En vie dans leur milieu naturel, leur aspect est bien différent de celui qu'ils ont post mortem, disloqués et à demi-décomposés sur une plage, ou hissés sur une aire de dépeçage.

Depuis, divers perfectionnements techniques en matière de plongée sous-marine, d'observation aérienne et d'automatisation, et surtout la photo-video numérique, ont considérablement amélioré le confort et la qualité des observations en mer.

Il en résulte que la documentation devient sans cesse plus abondante et excellente.

Mais, lorsqu' à partir de toute cette documentation, on cherche à reproduire très exactement l'anatomie externe des baleines, on se heurte rapidement aux conséquences de certaines caractéristiques du milieu aquatique : Chacun sait qu'en pénétrant dans l'eau, la lumière subit des phénomènes de réfraction et de réflexion qui, outre qu'ils déforment les images, provoquent une perte de luminosité.Dans la mer, il fait sombre, même là où les eaux sont les plus claires. Les photos et videos sous-marines de ces intéressants animaux, de grande taille pour la plupart, doivent donc être prises de près, ou du moins de pas trop loin, souvent avec un objectif grand angle (fish eye), ce qui rajoute des problèmes de distorsion, de perspective, auxquels s'ajoutent encore les phénomènes habituels de turbulence, d'ondulations, de turbidité, de reflets, l'écume...

Et les vues aériennes ne montrent la-plupart du temps que des dos (la photogrammétrie aérienne permet toutefois de mesurer précisémment les tailles et proportions).

L'essentiel, c'est de disposer de suffisamment de documents, et de les étudier avec attention, à la loupe si besoin est, pour pouvoir corriger par recoupements ces déformations, si souvent trompeuses, et clarifier les zones d'ombre.

De plus, lorsqu'il s'agit de reproduire quoi que ce soit en volume, et avec le maximum de précision, il est nécessaire de “tourner autour”, d'avoir un maximum d'angles de vue, de détails... donc de documentation, faute de pouvoir tourner autour des baleines !

Quelques documents scientifiques plus anciens, d'un temps où les baleines étaient encore abondantes, mais où l'on s'employait à les réréfier, sont aussi très utiles pour leurs clichés et tables de mensurations (True 1904, Andrews 1914, 1916, Mackintosh & Wheeler 1929, Harrison Matthews 1938, ...).

Enfin, il n'est pas inutile de consulter certaines publications traitant d'anatomie (ostéologie et myologie)... Bref, que ça soit par le dessin ou la sculpture, le modelage, il est devenu possible, en y passant du temps, de représenter correctement et avec suffisamment de précision, les baleines ou cétacés mysticètes.

C'est, à l'instar de très grands artistes spécialisés (Larry Foster, Pieter Folkens,...) ce que je cherche à faire , “dans la tradition renouvelée de la figuration scientifique”.

Sur le site sont présentés :

- Un poster présentant les dessins originaux et à l'échelle de 10 espèces de mysticètes, les mêmes se retrouvant au 1/60ème dans un portfolio.

- Une baleine bleue, Balaenoptera musculus, réalisée au 1/30éme, L'original a été moulé, de manière à la reproduire en tirages-résine (le socle deux positions visible sur deux photos (il peut être, soit posé horizontalement, soit accroché verticalement), est un socle d'atelier ).

Le rorqual commun, Balaenoptera physalus, est en cours de réalisation, toujours au 1/30ème ; Je compte faire tous les mysticètes à cette échelle.

A bientôt,

Michel Mairey